Daniel Bernard, auteur de plusieurs ouvrages dont "Le Saunier de Saint Clément", "Les Magayantes"...signe son quatrième livre :
"Comment c'était avant, l'Ile de Ré".
De la région Poitou-Charentes, né à La Rochelle, domicilié à Ré où il a ses racines; il s'est depuis toujours passionné pour les livres.
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Deux écrivains, également nés à La Rochelle, l'ont influencés dans son écriture : Eric Fottorino et Bernard Giraudeau avec ses fabuleux récits de voyage.
"J'appartiens au Poitou-Charente, je suis né à La Rochelle. Mes racines sont dans l'île de Ré, et j'ai toujours écrit sur ces rivages de bord de mer qui m'inspirent...l'Histoire de cette région, en particulier celle des XVI et XVIIème siècles, le siège de la Rochelle et de Saint Martin..." |
Bien avant de voyager j'ai aimé lire, pour le silence que l'on s'impose et la couleur des mots.
Plus tard, quand d'improbables récits picaresques m'incitèrent à écrire, je me suis demandé ce que je faisais là, parmi les livres et les romans, tout en me félicitant de leur appartenir.
Les mots brûlaient d'impatience. D'instinct, je savais qu'ils choisissent toujours dans l'urgence l'auteur qui leur est nécessaire. Au contraire des livres, qui eux attendent le plus souvent dans le silence d'un rayonnement, le lecteur qui leur convient.
Je préférais donc l'intempérance à l'exaltation théâtrale des premières poésies. Je ne voulais rien écrire de déterminé. Il demeurait en moi quelque chose d'effiloché. Dans l'inabouti, j'étais incomparable.Ce qui est écrit l'est souvent par les hommes, tout le reste, toutes les choses de la vie, sont dites par les femmes.
| Moi, qui fut élevé dans l'arrière-cuisine d'une auberge du bord de mer; autant bercé par la houle de l'Océan que par les cris des poissonnières aux fourneaux; autant par les odeurs chaudes de confiture et de tartes aux prunes que par les chants des lavandières et des repasseuses, je sais comme Carole Martinez: | |
| "Les choses sacrées qui se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans les odeurs d'épices, là où magie et recettes se cotoîent. L'art culinaire des femmes regorgent de mystères et de poésies". | |
Il en va ainsi des mots d'écrivaines comme des murmures, des balbutiements fredonnés devant la braise des cheminées. Oui, tout ce qui est dit, transmis, chuchoté; tout ce qui n'est pas écrit est féminin. Beaucoup de la magie de ces femmes est passé dans mes mots.
C'est après une pluie d'orage qu'il faut voir Venise disait Whistler, qui, après Turner, peignit la lumière. C'est ainsi qu'il faut découvrir mon Poitou-Charente natal, qu'il faut aborder l'Ile de Ré et sa légendaire luminosité.Petit, je suivais sur les chemins de l'île, les peintres Chapelain-Midy, Louis Suire et bien d'autres. C'est à leur contact, au plus profond de mes racines, que j'ai compris que je voulais écrire, mettre de la couleur sur les mots et faire comme eux, une activité de silence.
Article "Le Phare de Ré", Juillet 2010
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